Gérard
de Tours
Pèlerin "tronçonneur",
et aussi amoureux du désert

Parti de Tours, Gérard a décidé d'atteindre Santiago en, il l'espère, 8 années, en marchant tous les ans pendant 7 jours et en reprenant l'année suivante le point d'arrivée de l'année précédente.

- tout savoir sur la "Créanciale"
- Jean-Paul II, Pape et pèlerin
- la "petite histoire" de Gérard 
- Un pèlerin, aussi amoureux du désert

 

    "Avant de partir la Direction diocésaine des Pèlerinages m'a remis "la Créanciale", sorte de passeport du pèlerin : autrefois le pèlerin désirant se rendre en un sanctuaire lointain demandait une lettre de recommandation au curé de sa paroisse.
Cette lettre attestait son état de "pèlerin recommandable" a ceux qui pouvait lui offrir l'hospitalité. Elle lui servait aussi de laissez-passer auprès des autorités civiles, militaires et ecclésiastiques rencontrées sur la route.
Aujourd'hui "la Créanciale" est un signe d'accueil de l'Eglise vis-à-vis des futurs pèlerins sincères, effectuant une démarche personnlle profonde et ouverts à un chemin spirituel.
La "Créanciale" est un document de recommandation qui engage celui qui le délivre comme celui qui, le long du chemin, le présente à ses hôtes, sans pour autant valoir un droit quelconque.
Si cette "Créanciale" ne saurait être considérée comme un document administratif légal, elle constitue cependant un signe d'appartenance au peuple des pèlerins et itinérants.
Dépouillé des ses attributs habituels, sociaux et professionnels, le marcheur retrouve sur le chemin une identité simple de pèlerin, de chercheur de Dieu.
Enfin à l'arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle", sur présentation de sa "Créanciale" dûment revêtue des tampons des paroisses, maires, hôtes, de ces étapes, le pèlerin reçoit la "Compostella" certificat en latin délivré par le bureau des Pèlerins"

En 1970, la Compostella a été accordé à 64 pèlerins
en 1983, à environ 2 000
en 1992, à plus de 10 000
en 1993, à près de 30 000
en 2002, 68 952.

"Cette augmentation importante est peut être liée à l'appel lancé par Jean-Paul II à Saint-Jacques de Compostelle en 1989, lors des IVème Journées Mondiales de la Jeunesse qui s'y tiennent. Voici l'une de ces déclarations :

 

"Jésus est notre chemin. La démarche du pèlerin revêt une grande importance, le pèlerinage symbolise notre vie. Il signifie que vous ne voulez pas vous installer, que vous résistez à tout ce qui tend à émousser vos énéergies, à étouffer vos questions, à fermer votre horizon. Il s'agit de se mettre en route, en acceptant le défi des intempéries, d'affronter des obstacles et d'abord ceux de notre fragilité, de persévérer jusqu'au bout. Jésus est notre chemin.
Il vous accompagne, comme il l'a fait pour les disciples d'Emmaüs. Il nous ramène quand nous tombons. Il nous attend à la fin du parcours, lorsuqe viendra le moment du repos et de joie.
Les sanctuaires sont comme "un coin du ciel" où le Christ nous accuielle, avec sa Mère et notre Mère, avec les saints, où il nous faut goûter le mystère de la communion, auquel nous sommes destinés

Jean-Paul II, Pape et pèlerin"

Ainsi, un pèlerinage et un acte personnel, mais non individuel. En communauté avec des croyants, nous marchons sur les pas des croyants et des pèlerins d'hier, et on précède ceux qui entameront ce chemin demain.
Quelles que soient notre Foi ou notre relation à Dieu, on est appelé sur ce chemin, on est invité à aller jusqu'au sanctuaire de l'apôtre Jacques le Majeur"

...
A coté de côté de la grande histoire, il y a la mienne, la petite histoire,"Peut être dois je vous dire pourquoi j'ai pris le chemin. La réponse , les raisons exactes sont difficiles à donner. En fait, depuis des années, j'avais très envie d'entreprendre ce pèlerinage vers Saint-Jacques : des récits, des témoignages, des rencontres directes avec d'anciens pèlerins n'ont fait qu'amplifier, au fil du temps, l'envie de partir moi-aussi.
Pour des raisons professionnelles, il m'était difficile de consacrer plus de huit jours par an à ce projet. Mais il me tenait à coeur depuis longtemps. Pourquoi préisément, je ne saurai dire. Qui est-ce qui peut pousser queklq'un dans sa cinquentaine, avec une femme et des enfants qu'il aime, avec une situation professionnlle confortable, à préférer partir seul, à pied plutôt que de passr huit jours sur les plages de lacôtes d'Azur ou de la côte Atlantique. C'est la grande question. Par défi de soi, ou pour les autres : non, par masochisme ou pour se mortifier; non plus.
Pour une aventure intérieure, pour une rencontre de soi, parce que le pèlerin est un homme libre, dans un esprist de confiance, pour prendre le temps de regarder, le temps d'écouter, le temps de prier, sans doute. Parce qu'aussi cette volonté de bouhger, de résister, de ne pas baisser les bras, de ne pas attendre doucement, peinard, que les année passent. Se dire aussi : "c'est beau d'avoir fait ça dans sa vie", en communion avec ceux qui ne peuvent pas ou pourront entrprendre.

Pour les conditions climatiques, je fût servi ! parti le samedi 9 août 2003, pendant cinq jours, j'ai marché sous des températures avoisinant au soleil 40 à 47 degrés C. J'ai bu beaucoup d'eau (jusqu'à 7 litres par jour). Certaines journées furent longues avec un départ à 6 heures du matin, et certaines arrivée à l'étape suivante entre 20 h et 22 h.
Passé Sainte-Maure-de-Touraine, j'ai fait étapes à Dangé-Saint-Romain, à Chatellerault, à Poitiers, à Lusignan, à Chenay, à Melle, et enfin à Aulnay.
J'ai traversé quatre départements : l'Indre-et-Loire, la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente-Maritime.
J'ai emprunté des chemins de pierre, de terre, d'herbe, d'anciennes voies romaines, à travers champs, des chemins ruraux, départementaux, des routes nationales ; je suis passé au-dessus et au-dessous d'autoroutes.
J'ai parcouru environ 200 kilomètres à pied en 7 journées. J'ai rencontré des gens braves, simples, qui vivent sans méchanceté, dans la France profonde, et qui vous accueillent en toute confiance.
J'ai vu des hameaux calmes et authentiques. J'ai admiré des dizaines d'églises, toutes très belles, quand on prend le temps de les regarder !...

J'ai souffert, comme tous tous les pèlerins marcheurs de notre précieux allié :  les pieds.
Et comme tout pèlerins, j'ai passé, chaque soir du temps à remettre en état cet indispensable moyen de progresser : percer des ampoules, les assécher (Bétadine), les penser (Compeed), les masser (Baume Saint-Bernard).
J'ai eu des moments de tèrs grandes forme, des moments de découragements.
Mais je suis arrivé au but que je m'étais fixé et ne regrette pas d'avoir réussi à vaincre toutes mes appréhensions, mes inquiétudes, toutes les bonnes raisons qui me disaient de ne pas y aller... J'ai reçu mille fois que ce que j'ai pu donné. Je rentre heureux et impatient de repartir l'année prochaine.
Et je tenais juste à vous dire, oui c'est possible, vous pouvez le faire, tenter cette expérience et prendre le chemin des pèlerins vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Un pèlerin, aussi amoureux du désert.

Le désert de Charles de Foucauld.
Notes, pensée s et impression d'un pèlerin dans le Hoggar du Sahara.

Le samedi 12 octobre 2002 : Paris - Alger - Tamanrasset.
- Pourquoi avez-vous choisi la Procure Terre Entière de Tours, pour ce voyage ?
- Depuis plusieurs années, je souhaitais faire un pèlerinage.J'ai opté pour le désert de Charles de Foucault en Algérie.
- Qui vous accompagnait ?
- Le Père Daval est l'aumônier accompagnateru de ce voyage, nous étions 23 à prendre l'avion à Roissy, vers Tamanrasset.
- Comment s'est effectué ce voyage ?
- Arrivé à Alger, le samedi à 16 h, nous avons du présenter nos papier et le contenu de nos bagages à l'autorité militaires, avec une fiche de police à remplir. A 20 H30, nouys avons tous embarqué dans deux bus, pour jejoindre unhôtel, car le dernier avion était parti à 18 h 10. Nous décollerons le lendemain matin à 7 h 30. Deux heures de vol au desus d'un pausage montagneux, puis le désert du Sahara. Nous arrivons à 9 h 55, il fait 24 degrés.
- Quel accueil avez-vous reçu ?
- De nombreux hommes enturbannés nous reçoivent chaleureusement. Il tombé de fortes pluies, pendant une semaine, il n'y avait jamais eu autant de pluies depuis vingt ans. Elles vont modifier notre parcours, car les pistes sont ravinées, mais les oueds (rivières desséchées) sont pleins.
- Pouvez-vous nous situer Tamanrasset ?
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Après un petit tour dans Tamanrasset, ville de 25 000 habitans, elle aurait en permanence 80 personnes, c'est la porte de l'Afrique noire. Il y a beaucoup d'immigration, de commerces, nous sommes à 2 000 km d'Alger et seulement 500 km du Niger. Il y a un fort brassage de population. Les nomades et les Touaregs se sont mélangés.

Le dimanche 13 octobre 2002 : Tamanrasset - Terhenanet
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C'est votre départ vers le Hoggar, comment s'est effectué le voyage et qu'avez-vous découvert ?
- Nous partons en 4x4 le matin, pour rejoindre la randonnée d'environ 70 km de piste, dans un paysage magnifique. Traversée du village de Terhenanet où les Touaregs cultivent de verdoyant jardins. C'est notre début de randonnées. Le Pèere DAval, nous raconte sont premier voyage en 1978, l'intrruption en 1993, celui en Mauritanie et dans le désert de l'Ethiopie. En circulant sur les pistes de pierre et de sable, nous découvrons pour la première fois des chameaux qui mangent sous les acacias, des épines, proches de quelques palmiers. Un peit vent chaud nous entoure, nous laissons les 4x4 et marchons en plein soleirl. Je me suis enturbanné la tête et mis la crème haute protection.
- Quelles natures de sols composent ce pays ?
- Nous découvrons, sur certains blocs de pierre, des peintures de la période néolithique (8 000 ans avant J.C.), représentant des animaux. Les gravures rupestres sont nombreuses (environ 50 000), elles sont situées dans les grottes, à l'abri. Il y avait une symbolisation de formes. Ce désert était autrefois peuplé des fauves d'Afrique (éléphants, girafes, lions) ; aujourd'hui ne subsistent que des chacals, des renards du désert, des oiseaux. Il n'y a aucune traces de chameaux avant 2000 av. J.C..
- Que raconte le Père Daval ?
- Il faut un certain temps (deux à trois jours) pour trouver le désert, se détacher des ténèbres, de retrouver le contact avec la terre... lâcher prise. Théodore Monod disait : "Pendant  quelques jours j'ai l'impression de vivre comme un cloporte, au ras de la terre.' Evacuer ce qui est en nous, pour avoir un contact personnel avec le désert. Dans la "Bible" deux mots sont présents. le mot "DESERT" et le mot "PAROLE". La voie de la Parole ne peut s'entendre que dans le Désert.
- Vous êtes vous arrêtés pour vous restaurer, prier et connaître les Touaregs ?
- A 14 h 30, nous arrêtons de marcher. Nos accompagnateurs nous ont préparé des tapis de sol et nous distribuent une assiette de crudités avec un morceau de pain, une tranche de pastèque, un coup d'eau en plein soleil.
Après, un petit temps de spiritualité avec le Père Daval.
A 16 h, nous remarchons, jusqu'à 18 h, car la nuit tombe bite. Nous nous installons sous des tentes à deux places, installation précédée de la messe du dimanche, au milieu du désert. L'autel improvisé est constitué de chacune des pierres que nous apportons.
Le père Daval étend un petit drap blanc, pose une croix et dans un silence total, au milieu des rochers et de quelques buissons grillés par le soleil, qui se couche doucement nous vivons un grand moment comme Moïse, Elie, Jésus, Jean-Baptiste et les prophètes, qui sont passés par le désert pour parti en mission. J'ai le sentiment ce soir, d'être là pour les autres, à leur demande, pour eux. Les Touaregs ont fait un feu qui s'éteint, le ciel passe de la lumière à la nuit, je dois m'arrêter d'écrire. On annonce 8 degrés pour la nuit.
J'ai installé, à 19 h, ma lampe de mineur sur la tête et nous écoutons, nous prenons du thé avec les Touaregs :
"Le premier thé, c'est fort, c'est pour la Vie
Le deuxième thé, c'est suave, comme la Mort
Le troisième thé, c'est doux comme l'Amour"
Le désert... C'est l'abandon à la Providence.
Mais aussi, proverbe touareg :
"Suis la piste, même si elle tourne,
Suis le guide, même s'il est vieux, mais aussi
Ne parle pas que si ta parole est plus belle, que le silence"

Lundi 14 octobre 2002 La Taessa
    Une traversée avec un enchevêtrement de bocs de granit rose et de coulées de basalte.
- Voici une nouvelle étape dans quel décor ?
- Nous partons à 7 h, nous rencontrons une caravane de chaleaux, nous marchons et arrivons à la Guelta d'Afidal, c'est une incroyable petite oasis à 2 300 m, nous prenons un bain étrange. Il fait 35 degrés. Une petite pluie, le vent souffle, le temps a brusquement changé, nous devons nous protéger

Mardi 15 octobre 2002 vers Hamane - Tahat
 
  Réveil à 5 h, la puiste traverse un paysage lunaire. A 9 h 30, après une marche difficile en plein soleil, nous nous arrêtons pour chanter et prier. Nous prions pour le Pape, nos évêques, nos prêtres, nos diacres et tous les bénévoles de nos paroisses, celles et ceux qui font le ménage dans nos églises. A midi, quelques fruits et des noisettes, un peu de thé. Nous arrivons à pied à Assekrem dans un décor grandiose, avec des orgues rocheuses. Nous campons à 2 200 m. Il nous restera 500 m pour atteindre Assekrem. Il fait chaud, avec beaucoup de poussières. Nous avons un manque de sommeil, le sol est dur, la fatique s'installe. Nous mettons de petites pastille de micro pu dans nos gourdes, pour combattre la soif de l'eau non potable.
- Parlez-nous de vos guides ?
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Youp-Ibrahim a 35 ans, il a perdu un fils, toujours habillé de bleu, ce petit homme sent un peu la chèvre,le chameau, le Hoggar , le thé. Tout va toujours bien. Il nous dit : "Vous êtes un bon groupe, car vous êtes toujours en prière... et content, parce que personne n'est malade".
- Parlons de votre équipement
- Avoir des petits mouchoirs humidifiés, une pile frontale, un bon sac de couchage, la chéchia qui vous protège du vent, autour de la tête et du cou, une paire claquette pour le soir, une bonne paire de chaussures, une petite paire de jumelles, une brosse à dente (il n'y a pas d'eau), un gant de toilette, une petite brosse pour les cheveux, des lunettes avec des protections sur les côtés, un petit miroir.

Mercredi 16 et jeudi 17 Le plateau de l'Asskrem
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Vous arrivez à l'Ermitage du Père de Foucauld bâti en 1910. Deux frères de Jésus y vivent encore.
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C'est cela, après une bonne nuit la découverte d'un scorpion au dos noir et ventre jaune, avec sa longue queue repliée et courbée sur son dos. Il terminera écrasés entre deux pierres par les Touaregs.
Il fait très beau et nous faisons une petite prière avec un chant avant de prendre le petit chemin qui monte en lacée à l'Ermitage de Charles de Foucauld.
- Parlez-nous de la vie Charles de Foucauld ?
- Il est allé deus fois à Nazareth, avant d'entrer dans la vie religieuse. Avant il a vécu sept ans dans une trappe très pauvre en Syrie. Puis quelques semaines à Stoueli en Algérie, mais il cherche autre chose. A son deuxième voyage à Nazareth, il demande un emploi aux clarisses et loge au fond du jardin, dans une cabane pendant trois ans. Il voit qu'il y a un manque dans l'Eglise :"Personne vraiment n'imite la vie de Jésus de Nazareth" Ce n'est pas un monastère qu'il cherche, pas un ermitage non plus, ni une trappe.
Il écrit ceci, après avoir acheté une partie du "Mont des Béatitudes", avec l'argent de sa famille : "Mes retraites m'ont montré que cette vie de Nazareth, il ne fallait pas la mener en Terre Sainte, mais parmi les pauvres, parmi les gens délaissés de la terre, quelque chose de semblable à saint François d'Assise."
Il va Beni Abbès, aux frontière du Maroc, accueillir des hommes capables de mourir de faim, mais personnes n'est venu. Il se met alors à "l'écart", dans le désert, et construit une petite chapelle avec une cloche. Il met des cailloux par terre... c'est sa clôture. Il distribue des provisions. Il est bouleversé par la détresse des esclaves. Il achète un peti garçon. A ce sujet il fait bouger les autorités françaises. Charles de Foucauld c'était : "Voilà, il faut un tout petit groupe, 3 à 4, vivre de notre travail et être sauveur de Dieu."
- Que c'est il passé et que rest-t-il ?
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Après sa mort, nous savons qu'il a été assassiné en 1916. René Bazin a écrit "Cette première vie de Charle de Foucauld" ; Charles-André Poissonnier, bouleversé par sa vie, décide d'aller au Maroc, chez les franciscains, pour vivre cette vie. Ensuite le Père Pèrenger, Michel Laffont. En 1933 les Petites Frères, Les Pères Blancs, les franciscains, en 1939 Les Petites Soeurs de Jésus viennent sans le Sahara, dans cet esprit-là.
Charles de Foucauld, avait cousu sur sa djellaba un coeur rouge, surmonté d'une croix. "Prenez sur vous votre joug", ce qui veut dire qu'il vient s'atteler à la charrette de Jésus. Il ne nous enlève pas nos soucis, nos maladies, non "il les partage".
- Dans un décor grandiose, je vois la petite maison de pierre, au sommet de la crête.
La marche est difficile au milieu des cailloux. Aujourd'hui, nous avons marché 6heures, sous la chaleur et dans la poussière, et pourtant, en 4 jours, nous n'avons fait que 80 km à pied, c'est epu. L'asekrem, la première fois que Charles de Foucald était monté là, il avait emmené des provisions pour 18 mois, mais il n'est resté que 6 mois. La plupart du temps, il vécut à Tamanrasset.
- S'avez-vous où le Père de Foucauld est enterré ?
- "La cathédrale de pierre Er-Golea", c'est là que son corps a été transféré.
- Vous arrivez enfin à l'Ermitage.

- Par une piste dénivelée, nous atteignons un premier niveau, "Le Refuge", et une cabane "Chez Arous", une sorte de cabane hotel-restaurant, en pierre, couverte en tôle ou en papier goudronné. Quelques Touaregs sont là pour garder les lieux. Nous atteignons le but de notre pèlerinage.
Nous sommes tous silencieux et émus en suivant Ibrahim, notre guide, et le Père Marcel, qui connaît bien ces lieux, apercevant des petits Frères de Jésus.
Le Frère Alain nous accueille, il vit avec le Frère Edouard : "Nous avions de vos nouvelles hier et nous savions que vous seriez fidèle au rendez-vous", nous dit-il.
Nous sommes à 2 780 m. d'altitudes, le spétacle est époustouflant. Nous voici rassemblés dans cette muinuscules chapelle de 2 m * 4, construite en 1906. Le sol est couvert de tapis et de peaux de chèvres, nous nous déchaussons. Le Père Marcel célèbre la messe, nous avons une extraordinaire chance d'être là, et à la demande du Père Marcel, nous prononçons le ou les prénoms d'une ou deux personnes, pour qui nous voulons prier ce soir.
- Combien de temps êtes-vous resté ?
- A 18, la nui est venue, le décor est magnifique, nous redescendons à pied et parcourons 5 km jusqu'à notre bivouac. Les Touaregs nous servent une soupe et un ragoût avec quelques dattes.

Un peu d'histoire
et des poèmes Touaregs

Chausse tes chausses et foule le sable, qu'aucun esclave n'a foulé - Imagine la foire des étoiles, si tu veux te réveiller libre, comme un faucon, qui plane dans les Cieux - Charles a été profondément impressionné par l'Islam, il a étudié le Slam, puis la Bible, il veut être un frère Universel. Il dialogue dans les villages, il ne cherche pas à convertir : "Semez l'Amour, vous récolterez l'Amour" - Si ta religion t'oppose à une autre c'est que tu es sur un mauvais chemin. L'eau se récupère dns une citerne de pluie. Frère Alain alimente sa cuisine et me dit : Le Frère Edouard a au mieux un litre d'eau par jour.
Il m'explique qu'il vit là depuis trente ans. Il retourne en France tous les deux ans. Le Père Alain est ici depuis vingt ans.
Le 1er septembre 1916, date relevée dans la chapelle de l'Ermitage, un bande d'hommes armés attaque le Bordj" qui avait été cosntruit pour abriter la population. Frère Charles est pris comme otage, puis tué snas préméditation dans un moment d'affolement. "Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas il reste seul ; si au contraire, il meurt, il porte du fruit en abondance" (Jean 12, 14)

Charles de Foucauld état né le 15 septembre 1958, à Strasbourg. Dés l'age de 5 ans, il était orphelin. Il meurt sans avoir de disciples, et c'est seulement dix-sept ans après que s'est fondée, une communauté avec des prêtres dans le nord du Sahara. Depuis 1970 s'est greffé un mouvement touristique très important. Une moyenne de 100 personnes par jour dans les années 1980. Depuis trois ans après les événement d'Algérie, les toutistes étrangrs reviennent, particulièrement les Allemands.

La population Touareg est d'environ 30 000 dans le Hoggar. Il y a trois langues touaregs, avec un abandon de la vie nomade. Lesprit subste. Il y a une patience dans la confiance de Dieu. Il est possible de venir en retraite. Frère Edouard nous explique qu'aujourd'hui c'est la Saint-Ignace d'Antioche. Le Père Vincent dit : "Que les autres puissent, en voyant vos actes, voir que vous êtes chrétiens." La messe s'achève à 17 h 10... il pleut.

Vendredi 18 octobre L'Asekrem - Tamanrasset
  
  Vers l'oasis d'Afilade à travers les paysages volcaniques, bruns, violet et ocres.
- Vous revenez d'Azekrem, vous allez quitter ce lieu magique
- Réveil à 4 h 10, nous restons que quelques temps à admirer ce spectacle, nous entendons au loin le "Henni" des dromadaires. Nous prenons le raidillon, qui mène à la petite chapelle. Doucement apparait le soleil jaune orange, qui va monter au dessus des cimes rougissant, c'est tout simplement saisissant. Nous prenons quelques photos et rejoignons la chapelle. C'est donc notre 3ème et dernière messe à l4ermtiage. Nous sommes assis par terre. Un dernier petit tour, en découvrant la montagne de Tahar (2 900 m)
Et nous redescendons sous le refuge, où le petit déjeuner nous est servi, il est 8 h 15.
- C'est le retour en 4x4, sans doute avec une grande nostalgie.
- Il fait très chaud entre 37° et 40 °, beaucoup de poussière. Nous nous arrêtons à 12 h 30, très assoiffés. Installés sous un acacias à l'ombre, nous partageons l'eau de nos gourdes. Notre chauffeur nous dit 'Après l'assassinat des moines de Tibérines, il n'y a plus eu d'attaque d'Européens ni de religieux. Nous roulons sur des pistes en mauvais état, rencontrant de petits ânes sauvages. Nous nous arrêtons à une guelta, celle de Imola Mocaine (trou d'eau avec des hauts rochers).
- Arrivez-vous à TAMANRASSET ?
Il est 17 h, nous rencontrons des chèvres comme partout. Il n'y a pas de nettoyage de rues, des plaques d'égouts cassées. Devant des atleiers de mécanique, les matériels en cours de fabrication sont sur le trottoir. Parout de petites épiceries : boissons, dattes, cartes postale, etc. En tout 6 km, aller et retour. Ce soir, nous allons manger au camping. Mais avant, nous avons pu nous laver et prendre une première douche depuis six jours. Quel plaisir, on ne se rend plus compte, quand on peut le faire souvent en France. Un repas de couscous et de dattes clôture cette journée. Nous allons dormir à trois au sol, dans des huttes rondes avec des toits en paille. Le lendemain matin, nous prenons un bon petit déjeuner sur des tables de jardin ; cela faisait longtemps que nous n'avions pas pris un repas en dehors du sol.

Samedi 19 octobre TAMANRASSET
  
Capitale des Touaregs du Hoggar, ville entourée d'une muraille en terre battue.
- Le Père de Foucauld a vécu à Tamanrasset, à l'époque de la présence militaire, a-t-il été protégé ?
-
Le Frère Antoine Chatelard nous reçoit et nous parle du fort Laperine. Ce fort porte le nom d'un officier français, qui écrivant un livre, nous raconte, qu'il y avait des bandes de pillard du Sud-Marocain, s'attaquant au chamelles. Ils cherchaient des provisions et renseignements sur la garnison militaire. Le Père de Foucauld avait reprodui son Ermitage et sa chapelle. Une troupe d'unne quarantaine de personnes des tribus limitrophes du Hoggar s'est emparée de Charles de Foucauld pour le faire parler., sur les armes. Un jeune gardien a posé se canon de son fusil dans l'oreille de Charles et l'a tué. Le chef de la bande était furieux de cette mort.
C'est en 1927 qu'a lieu le procès de Béatification.
En 1929, le coprs de Charles a été ramené à côté de "El Golea", à côté duquel on a cosntruit une église la seule du Sahara.
Il y a 3 petites communautés :
les petites Soeurs de Jésus (3)
Les petites Soeurs du Sacré-Coeur (3)
Les petits Frères (2)
"C'est la durée qui importe le plus dans notre existence ici"
Le Frère Antoine nous avoir longtemps vécu a Asekrem, au milieu des Touaregs, deux ans à la Fondation, puis quatre ans ensuite ici. L'Hospitalité, l'ouverture de certains, ont valeur d'humanité. Tamanrasset, c'est devenu une population sédentaire (100 000 habitants maintenant). C'est la ville qui assure la maintenance du bâtiment. Il y a quelqu'un à l'entrée, qui surveille, mais aussi Oali (le préfet) raconte qu' "au siècle dernier Charles était considéré comme un espion déguisé en moine".
Le vendredi est jour férié ici. "Maintenant le chômage, c'est quand on est payé... comme chômeur"
- Que ressort-il du tour de table des participants à votre séjour ?
- Gentillesse des Touaregs - dimension spirituelle - expérience chaleureuse - ton baratin(en s'adressant au Père Marcel) - la mission - c'est rencontrer les gens - qu'est-ce que nous venons chercher au désert et qui va nous faire sentir mieux - très vite une ambiance fraternelle s'est créée.
- Vous êtes bien arrivés en France.
- Le retour c'est bien effectué en passant par Alger.
Un dernier mot au sujet de l'Asekrem ; Charles de Foucauld écrivait en 1911 à sa cousine Mme de Bondy :
"La vie est plus belle qu'on ne peut le dire ou l'imaginer... Rien ne peut donner une idée de la forêt, des pics et d'aiguilles rocheuses qu'on a, à ses pieds. C'est une merveille... On ne peut la voir sans penser à Dieu ; j'ai peine à détacher mes yeux de cet admirable Don, l'impression d'infini, rapproche tant du créateur."

gerard.adriaenssens@multivilles.com