Le père Ihidoy a désormais une adresse électronique
<pere.ihidoy@webcompostella.com>
Avril 2003  : il vient de subir un petit accident de santé

Propos de Sébastien Ihidoy sur son amour des pèlerins
Extrait de "Passants de Compostelle" de Jean-Claude BOURLES (Ed.Payot)


Quelques traces d'états de grâces ?

Après avoir beaucoup marcher, il est des moments sur notre chemin où nous avons pris toutes les dispositions pour l'ouverture de notre esprit, nous découvrons des moments de bonheur qui ont un goût d'éternité :
      >>> Fin de pèlerinage : 15 août 2001 participation aux festivités de Navarrenx (Article de Presse)
      >>> Octobre 2002 : rencontres jacquaires de Saintes

Navarrenx
 Le Père Ihidoy sur le départ

Des regrets unanimes

 

La République
des Pyrénées
du 21 août 2001

En quelques jours, au début de l'été, la nouvelle avait fait le tour du canton: après vingt ans de ministère à Navarrenx et dans les villages alentour, l'abbé Sébastien Ihidoy allait quitter le Béarn pour la Soule et plus précisément sa capitale, Mauléon.

Un retour aux sources, à une province près, pour ce Basque si bien intégré au Béarn qu'on le regrette encore à Lembeye, la paroisse où il exerçait jusqu'en 1981, avant de connaître Navarrenx.  Partout où il est passé, le Père Ihidoy a marqué les cœurs de ses paroissiens, des plus fidèles aux non-pratiquants, englobant « celui qui croyait au Ciel et celui qui n'y croyait pas » dans la même amitié chaleureuse.

Quelles que soient les convictions de chacun, son apostolat n'a laissé personne indifférent.  C'est ce qu'a souligné Danièle Vidal, responsable du Conseil pastoral, lors de la messe d'actions de grâces célébrée le 15 août à Navarrenx, en hommage à l'homme qui a su donner une nouvelle dimension à la fonction de prêtre. « Nous voulons vous rendre grâce pour les vingt ans passés avec vous et le travail accompli ensemble », a-telle ajouté au cours de cette cérémonie empreinte de ferveur et d'amitié, concélébrée par les abbés Ihidoy, Haramburu et Iriquin, missionnaire au Bénin, qui a des attaches dans un village voisin.

 

 

 «Des heures magnifiques »

Venus de toute la paroisse Saint-François-Xavier, qui regroupe tous les clochers du canton, les fidèles, qui n'avaient pu entrer dans l'église archicomble, se sont pressés à ses portes, sur les places Darralde et Carrérot.  L'émotion a atteint des sommets quand un panneau symbolisant les échanges amicaux et spirituels entre le Père et les enfants a été commenté par Chloé, une jeune fille récemment baptisée par l'abbé Ihidoy. « J'ai vibré à toutes les valeurs que j'ai trouvées en vous, j'ai communié à vos événements familiaux, à vos projets, j'ai vécu avec vous des heures magnifiques ». En écho à ce cri du cœur du Père Sébastien, le vin d'honneur servi à tous les fidèles sur le parvis de

 

l'église et le repas qui a réuni 380 convives à la mairie ont donné libre cours à d'innombrables manifestations d'amitié, dont celles exprimées par un proche, Jean Lopez, et un pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle.  Car l'hospitalité reçue au presbytère de Navarrenx était devenue, à juste titre, quasiment légendaire, d'un bout à l'autre du GR 65, le chemin du Puy.

 

Dans l'attente d'une nomination officielle, l'abbé Pierre Haramburu, bien connu et apprécié dans la région, assurera le relais avec l'équipe d'animation pastorale.  C'est le 7 septembre que Sébastien Ihidoy rejoindra sa nouvelle destination, à seize kilomètres à peine de Navarrenx.

J.L.

 

 

 

 

Extrait de "Passants de Compostelle" de Jean-Claude BOURLES (Ed.Payot)

Navarrenx.... Accueil par le père Sébastien Ihidoy dans son presbytère. Bien qu'il s'en défende, c'est l'une des figures les plus marquantes du chemin français. Novateur, esprit éclairé, il est l'un des rares à avoir compris, dès les premiers frémissements du chemin, l'importance qu'allait retrouver l'aller vers Compostelle. Homme de franc-parler, au regard malicieux et à l'accent rocailleux, il est de ce peuple de rudes Basques, intransigeant pour lui, généreux pour les autres. A ceux qui déplorent l'absence de l'Eglise sur le chemin je dis et répète ces noms associés à ceux du Rouergue et du Quercy : Jacques d'Arthez, Ihidoy de Navarrenx, les franciscains de Saint-Palais, d'autres sûrement dont j'ignore l'existence. Sans doute avec ces quelques-uns nous sommes loin du compte, mai au moins ceux-ci sont ils là, présents et chaleureux, réconfortants par la parole autant que dans le silence, disponibles malgré l'urgence d'autres tâches, veilleurs sur le chemin, fenêtre allumées dans la nuit.

           "C'est vrai que pour les gens, vous qui passez, les pèlerins, vous êtes fort. Et pourquoi ? Parce que vous êtes capables de partir, comme cela, en abandonnant tout. Nous on est là, autour de notre petite vie, et vous, vous êtes des hommes et des femmes de grands moments. Vous réveillez en nous des choses pour lesquelles nous sommes faits et que nous réaliserons jamais. Chacun est fait pour l'aventure humaine, mais combien la vivent ? Les gens qui voient passer sont envieux de votre capacité à exposer votre faiblesse, et paradoxalement n'est pas là justement votre force ? Paul nous dit :"Je porte une écharde dans ma chaire." On ne sait pas de quoi il s'agit. "Par trois fois j'ai supplié le Seigneur de m'en délivrer, et il m'a répondu : 'Ma grâce te suffit.' Eh bien, si je continue de marcher, la force de Dieu agit dans ma faiblesse." L'écharde, il l'a toujours, mais il fait avec et poursuit sa vie, donc son chemin.
             "Je me demande si la société actuelle n'a pas besoin de ces types qui passent, pèlerins et chemineaux. Pour moi, pas de différence, je ne raisonne pas en termes de jugement. Un pèlerin recommandé par ses instances, son carnet, son évêque, et même le serait-il par le pape que cela ne changerait rien, je le considère et considérerai toujours dans et pour son cheminement. Sans être sûr d'ailleurs qu'il soit meilleur pèlerin qu'un autre. Mais ai-je besoin de certitudes ? Bien sûr que non, ou alors je juge. Et comment juger ? Vous pouvez me le dire vous ? Quelqu'un qui n'a ni travail, ni famille, ni projet social, et part en se disant : Je vais chercher une vérité sur ce chemin, celui-là est à mes yeux un vrai pèlerin. Même s'il l'ignore ou nomme les choses autrement. C'est quelqu'un qui a besoin de faire SON chemin. Le fait qu'il soit capable de repartir chaque matin, quel que soit le temps, sac au dos, pour faire ses vingt ou trente kilomètres, sans savoir ce qui l'attend plus loin, où il dormira, si m^me il mangera, prouve que c'est un homme. Et un homme qui est debout. Profite-t-il des autres ? Pourquoi ne le ferait-il pas ? Soyons sérieux, dans une société qui laisse tant de gens démunis, pourquoi lui ne profiterait-il pas chemin et des structures, dîtes-moi ? Et j'ajoute que moi quis homme d'Eglise, je lui dois un accueil qui soit digne de lui. Nous le voyons à chaque page de l'Evangile, §Jésus accueille d'une manière privilégiée celui à qui personne ne fait attention. Agir de la sorte va à contresens d'une certaine logique humaine. Mais il faut accepter d'être à contre-courant de la société, et m^me parfois de l'Eglise. La liberté du croyant est à ce prix.
             "Pour moi, le pèlerin, quel qu'il soit, est toujours un chercheur. Le chercheur d'une vie plus humaine (c'est le dénominateur le plus commun), un chercheur de sens, un chercheur d'étoiles, un chercheur de Dieu (parfois sans le savoir) qui, pour trouver sa part de vérité, prend des risques dans un époque où l'on fait tout pour nous protéger, nous garantir, jusqu'à l'asphyxie. Démarche à contresens, démarche absolue, comment voulez-vous qu'il soit toujours bien compris ? Les pèlerins, je vais vous dire que je les reconnais au premier coup d'oeil, dans la rue, dans un groupe, sans sac, bourdon ou insigne, changés, douchés, propres comme des touristes. Je sais que ce ne sont pas des touristes, ni des randonneurs, mais des des pèlerins. Je les reconnais, oui. Dans l'église, samedi dernier, il y en avait trois. Je les ai découverts dans la foule, rien qu'aux regards. Les pèlerins ont le regard qui irradie. C'est incontestable. D'autres vous le diront. Non pas le regard brûlé par le soleil ou la fatigue, non, un regard d'ailleurs. Ils irradient. Pourquoi ? Alors là... Sans doute ont-ils en eux une petite étoile. Parce que quelqu'un qui marche comme le pèlerin possède forcément en lui quelques rayons de l'étoile qu'il est en train de chercher. Et c'est cette parcelle d'étoile qui brille dans leurs yeux.
              "J'ai reçu beaucoup de pèlerins. Je Les ai écoutés. J'ai beaucoup appris, et j'aimerais que mes paroissiens bénéficient de cette richesse. Le passage des pèlerins, c'est comme dans un fleuve les courants profons. Ceux que l'on ne voit pas, mais qui entraînent la masse du fleuve. Un couranbt qui annonce, peut-être, du moins je l'espère, une modification profonde de la société de demain. Pour moi, le renouveau de ce pèlerinage est un signe prometteur avec lequel l'Eglise aurait intérêt à se trouver plus en phase. Elle gagnerait à ouvrir ses portes et son coeur, à considérer les pèlerins comme des pionniers. Puisque comme le dit Jean-Paul II, "la route fondamentale de l'Eglise, c'est l'Homme", pour l'Eglise délaisserait-elle ce chemin historique qui a façonné notre culture et qui trace aujourd'hui - pourquoi pas -la société de demain ?"

Père Sébastien Ihidoy, Navarrenx


 

Octobre 2002 : Rencontres jacquaires de Saintes 


    Historiens, Sociologues, Géographes, Chercheurs en tout genre, Randonneurs, Militants d'associations jacquaires se sont retrouvés pour confronter le résultat de leurs activités.

    Aucune ambiguïté possible, les milieux intellectuels ou jacquaires connaissent  les mêmes contradictions que dans les autres milieux associatifs. Et puis au milieu de nos comportements humains surgissent un témoignage, un aparté, un sourire, voire une complicité. Et nous reconnaissons ces états de grâce qu'au détour d'un chemin la vie peut nous offrir.

 

PARTIR

"PARTIR est avant tout sortir de soi. Briser la croûte d'égoïsme qui essaie de nous emprisonner dans notre propre "Moi".

PARTIR, c'est cesser de tourner autour de soi-même, comme si on était le centre du monde et de la vie.

PARTIR, c'est ne pas se laisser enfermer dans le cercle des problèmes du petit au monde auquel nous appartenons ; quelle que soit sont importance. L'humanité est plus grande. Et c'est elle que nous devons servir.

PARTIR, ce n'est pas dévorer des kilomètres, traverser les mers, ou atteindre les vitesses supersoniques.

C'est avant tout, s'ouvrir aux autres, les découvrir, aller à leur rencontres, s'ouvrir aux idées, y compris celles qui sont contraires aux nôtres. C'est avoir le souffle d'un bon marcheur."

Don Helder CAMARA

Texte entendu par quelques chrétiens qui ont bien voulu se retrouver autour la relique de Saint-Eutrope pour faire mémoire de l''Eucharistie - Saintes Octobre 2002

 

jjpagerie@wanadoo.fr